La boîte de chocolats

Le dimanche, sur la table de grand-mère, il y avait toujours une boîte de chocolats. Le couvercle en carton épais. Le papier de soie par-dessus, à soulever doucement pour ne pas faire de bruit.
Dessous, les chocolats alignés, chacun dans sa caissette sombre.
Aucune légende. On choisissait en regardant la forme.
Nous restions là, le doigt suspendu.
Nous cherchions des indices dans les plis du chocolat. Nous avions peur de la liqueur, de l'amer, de la garniture rose qui un jour nous avait fait faire la grimace.
Grand-mère, non.
Elle tendait la main et prenait. Elle croquait sans regarder. Parfois une petite grimace. Parfois les yeux fermés une seconde.
Puis elle riait, et en prenait un autre.
Elle n'avait pas de préféré. Le préféré, c'était celui qui lui tombait sous la main.
Elle nous disait, presque en plaisantant, que la peur de tomber sur la mauvaise garniture est presque toujours plus amère que la garniture elle-même.
Et de toute façon, ajoutait-elle, le chocolat sur les doigts ne reste là que le temps d'un dimanche.


