L'enfant du Mali

Le président Mattarella a accroché dans son bureau un dessin. On y voit un garçon assis au fond de la mer, en train de lire un livre.
Il est inspiré d'une histoire vraie, celle d'un petit corps retrouvé sur une plage de la Méditerranée.
Ce corps fut emmené à Milan, dans un laboratoire spécial qui cherche à donner un nom à ces pauvres restes humains. Il fut remis dans un petit sac. À son poids, on comprenait que c'était celui d'un enfant.
C'était un garçon de 14 ans, venu du Mali, mort en Méditerranée. Et dans sa veste, cousu à l'intérieur, peut-être par sa mère, il y avait son bulletin scolaire, avec de très bonnes notes.
Le Mali est loin, très loin. Pour arriver en Libye, d'où était parti le bateau, l'enfant avait parcouru 4 000 kilomètres, c'est à peu près comme aller de Naples au pôle Nord. En affrontant un voyage terrible, en risquant sa vie. Une vie qu'il a ensuite perdue.
Cet enfant ne voulait qu'une chose : aller à l'école.
Il voulait une chance, il voulait ce que nous, dans cette petite partie chanceuse du monde, tenons souvent pour acquis.
Aujourd'hui dans le monde, un enfant sur cinq peut aller à l'école. Quatre sur cinq ne le peuvent pas. Quatre enfants sur cinq se réveillent chaque matin et doivent lutter pour arriver jusqu'au soir : à cause de la faim, des famines, des guerres, des coups d'État, des grands désordres qui frappent leurs pays, du changement climatique, de leur vie de souffrance.
Étudier, c'est avoir une chance. Ne l'oublie pas. Parfois ce sera dur, parfois tu auras envie de tout lâcher, mais souvent tu passeras des nuits entières avec l'envie d'apprendre.
Sache que tu le feras aussi pour cet enfant. Pour cet enfant.


